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"Redonner toute sa place au Parlement"

Dernière mise à jour : 18 juil. 2023

Comme l'a rappelé Christian Fromentin dans son allocution ce 14 juillet, l'absence de majorité absolue au sein de l'Assemblée nationale suite au vote des Français-es il y a un an, aurait pu être l'occasion de rééquilibrer le fonctionnement de nos institutions en faveur du Parlement.

La célébration officielle du 14 juillet s'est déroulée dans le parc du château de l'Etang (photo : Continuons avec Vous pour Saran).



Voici l'intégralité du discours prononcé par Christian Fromentin, maire-adjoint de Saran.



"Le 14 Juillet 1789, la Bastille était prise d'assaut. C’est la première intervention d'ampleur du peuple Parisien dans le cours de la Révolution et dans la vie politique française.


Avant d’arriver à cette action emblématique qui marquera à jamais l’esprit de tous les Français, le peuple avait pendant plusieurs mois amorcé la transition démocratique.


En plein marasme financier, Louis XVI convoque les États généraux à Versailles, espérant pouvoir asseoir sa position et maintenir l’ordre établi. C’est donc en mai 1789 que les États Généraux se réunissent. Et pour la première fois, les députés du Tiers État y sont majoritaires face à la Noblesse et au Clergé réunis.


Pourtant, les députés ne voient pas venir les réformes espérées, de la part du Roi et de son Ministre Necker. C’est pourquoi le 17 juin 1789, le Tiers État s’autoproclame « Assemblée Nationale ». Après avoir prêté serment dans la salle du Jeu de Paume le 20 juin, ils seront rejoints par des députés du Clergé et la Noblesse. Cette Assemblée Nationale assura un rôle législatif jusqu’en 1791 et écrivit une constitution pour la France.


Alors qu’il y a un an, nous venions tout juste d’élire une nouvelle Assemblée Nationale, quel bilan pouvons-nous faire de son action depuis ?


Avec une majorité relative, de par la volonté du peuple français, nous aurions pu espérer que notre parlement reprenne sa place au centre de la vie politique. En effet, depuis la mise en place du quinquennat, l’Assemblée Nationale n’exerce plus réellement de contre-pouvoir. Pourtant, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire est le garant d’un régime démocratique sain.


Alors, quand les Français en ont décidé autrement l’an passé, en n’accordant qu’une majorité relative au Président, nous avions là l’occasion de redonner toute sa place au Parlement.


Mais en utilisant tous les rouages les moins démocratiques de notre constitution comme les articles 47.1 ou 49.3, la lecture accélérée des textes de loi, le vote bloqué… on peut se demander à quoi sert réellement notre assemblée et si notre démocratie n’est pas malade ?


Nous entendons trop souvent de la part de nos concitoyens, l’incompréhension ou la colère sur les décisions prises. Les Français ne se sentent plus correctement représentés et désertent les urnes. Et même lorsqu’ils manifestent pacifiquement, et en nombre comme ils ne l’avaient pas fait depuis des décennies, on les ignore. Comment peuvent-ils encore avoir confiance en notre démocratie après de tels agissements ?


Aujourd’hui, regardons ce que nos prédécesseurs ont imaginé pour gouverner notre nation et comment ils ont organisé notre démocratie. En passant de la Monarchie à la République, c’est l’ensemble des institutions de notre pays qui ont été profondément et durablement modifiées. Ce qu’ils ont créé en quelques années seulement a permis au peuple français de prendre son destin en main.


Je vous invite donc à ne pas perdre espoir. L’abstention que nous subissons est catastrophique mais vos choix, vos votes, peuvent changer le cours de vos vies. Nous avons tous une responsabilité individuelle pour faire vivre la démocratie que nos ancêtres ont créée.


Il y a un an, je concluais en invitant le Président de la République, le Gouvernement, et le Parlement, à entendre ce désintérêt du peuple pour ses institutions et à réagir. Après un an de mandat, je peux malheureusement leur redire la même chose.


Si nous ne réagissons pas, il en sera fini de notre démocratie, de notre République. Je désapprouve ceux qui traitent d’anti-républicain tout citoyen qui a un regard critique sur nos institutions. Nous pouvons être Républicains, et malgré tout, critiques vis-à-vis du fonctionnement de la Cinquième République. Si notre démocratie ne fonctionne plus, changeons les règles, nous l’avons déjà fait par le passé et nous le referons certainement.


Aujourd’hui, en ce 14 juillet 2023, nous sommes tous réunis pour rendre hommage à notre République et aux Révolutionnaire qui ont su tourner la page de la Monarchie Absolue. Mesdames et Messieurs, je vous remercie d’être là pour leur mémoire, pour la Liberté, l’Égalité, la Fraternité."

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