14 juillet : "Il y a 237 ans, le peuple de Paris, en prenant la Bastille, écrivait l’une des plus belles pages de notre Histoire."
- Continuons avec vous pour Saran
- il y a 3 jours
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Le salut aux porte-drapeaux ainsi qu'aux représentant-es de l'Harmonie Fleury-Saran, de la base aérienne de Bricy, de l'administration pénitentiaire et des sapeurs-pompiers le 14 juillet 2026, en fin de matinée, derrière le Château de l'Etang. De droite à gauche : Mathieu Gallois, maire de Saran et conseiller départemental, Emmanuel Duplessy, député du Loiret, Sylvie Dubois adjointe au maire et vice-présidente de la région Centre-Val de Loire, Christian Fromentin, maire-adjoint et vice-président d'Orléans Métropole (photo : Continuons avec Vous pour Saran).
Voici l'intégralité du discours prononcé par Matthieu Gallois.
"Monsieur le Député, cher Emmanuel,
Mesdames et Messieurs les représentants des différentes autorités, Mesdames et Messieurs les élus, chères Saranaises, chers Saranais,
Aujourd’hui, nous célébrons un moment fort de notre Histoire. La Fête nationale c’est d’abord la fête de notre République, la mise à l’honneur de ses valeurs de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de laïcité.
Il y a tout juste 237 ans, le peuple de Paris, en prenant la Bastille, écrivait l’une des plus belles pages de notre Histoire.

En ce même mois de juillet 1789, un immense mouvement de luttes paysannes déferlait dans tout le pays. Le 4 août, les privilèges étaient abolis. Le 24, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen était proclamée. La Révolution française commençait… pour résumer cette période de notre Histoire en quelques mots.
Mais, attardons-nous-y quelques instants, tant celle-ci raisonne encore avec beaucoup de justesse aujourd’hui.
La crise financière, déjà présente sous Louis XV s’aggrave au cours du règne de Louis XVI. Les mauvaises récoltes de 1787 et 1788 provoquent une hausse du prix du pain et le peuple souffre de disette.
Un journalier gagne six sous par jour, un pain de quatre livres en vaut quinze. Mais le pays, lui, n’est pas pauvre. Il s’est même enrichi. Et puis les riches paient peu d’impôts. Les inégalités sont criantes.
Face à la crise et l’attitude des privilégiés, les bourgeois obtiennent du Roi la convocation des États généraux (la réunion des représentants des trois ordres) pour 1789. Pour les préparer, les cahiers des doléances sont rédigés : chaque ordre collecte les revendications dans tout le royaume et élit des représentants.
Les États généraux s'ouvrent le 5 mai à Versailles, où le Roi réside avec sa cour. 1 200 députés, venus de tout le royaume, sont présents et ce sont ceux du Tiers-État qui sont les plus nombreux. Dans la France inégalitaire, dans sa défense des privilèges d’une minorité, Louis XVI décide du vote par ordre. Les députés du Tiers-État protestent et se constituent le 17 juin en « Assemblée nationale » rejoints par des curés membres du bas clergé et des nobles. La première Assemblée nationale de l’histoire de France est créée.
Le roi tente de s’opposer à cette nouvelle Assemblée et fait fermer la salle où elle se réunit. Les députés du Tiers-État et leurs partisans se rendent dans un gymnase proche où se pratique le jeu de paume et y font le 20 juin le fameux « … serment de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront jusqu’à ce que la Constitution du Royaume soit établie et affermie … ».
Ce serment du Jeu de Paume représente donc l’acte fondateur de la démocratie française.

Le 9 juillet, l'Assemblée nationale prend le nom d’« Assemblée nationale constituante » : les députés sont maintenant chargés de rédiger une Constitution pour la France.
L’agitation populaire est forte à Paris. La crise économique se fait sentir, le prix du pain atteint son maximum. Louis XVI fait positionner des soldats autour de Paris. Le 14 juillet, le peuple parisien s’empare de la Bastille, symbole du pouvoir absolu du roi qui, dans l’Ancien Régime, pouvait mettre en prison toute personne sans jugement et par sa seule volonté. Pour cette raison, la prise de la Bastille est devenue le symbole de la Révolution française.
Pendant l'été 1789, les paysans se révoltent et s’en prennent aux seigneurs et à leurs biens. Le 4 août, pour rétablir l'ordre, les députés votent la fin des privilèges de la noblesse et du clergé: la société inégalitaire de l'Ancien Régime prend fin.
Le 26 août, les députés adoptent la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Pour la première fois, tous les Français sont déclarés libres et égaux.
Cet épisode historique majeur est porteur d’espoir face aux crises politiques, sociales, économiques, démocratiques traversées aujourd’hui.
Ce 14 juillet 1789 marque donc une intervention majeure et nouvelle du Peuple de France dans son Histoire et dans sa vie pour en devenir acteur. Elle marque la 1ère de ces dates symboles lors desquelles le mouvement populaire occupa une part décisive dans un large processus de transformation sociale, modifiera le cours des évènements et donc le cours de notre Histoire.
Oui, le 14 juillet 1789 c’est bien le peuple qui est entré en scène et 237 ans plus tard, il est plus que nécessaire qu’on se le rappelle.
Car comment ne pas faire le parallèle avec l’actualité politique vécue dans notre pays.
Comment ne pas trouver de similitude entre les raisons qui ont poussé le peuple à prendre son destin en mains, qui ont provoqué cette Révolution et aujourd’hui, tant au niveau des réalités et des difficultés vécues au quotidien par une large majorité de nos concitoyens, avec une explosion des inégalités, du nombre de Françaises et de Français vivant sous le seuil de pauvreté, qu’au niveau de la fracture grandissante entre les citoyens et nos institutions politiques à bout de souffle, avec un besoin d’une nouvelle ère démocratique, une VIème République qui devra être celles des droits fondamentaux, avec un Parlement qui devra reprendre sa place au centre de la vie politique.
Oui, il y a beaucoup de coups à repousser et beaucoup de choses à changer pour qui veut faire vivre au présent les idéaux libérateurs de 1789.

Des crises, notre pays en a connu. Des heures sombres également. Mais je vous invite à ne pas perdre espoir. Notre pays a aussi connu des jours heureux synonymes de progrès social. Nous avons toutes et tous une responsabilité individuelle pour faire vivre la démocratie que nos prédécesseurs ont créée.
Aujourd’hui, en ce 14 juillet 2026, nous sommes tous réunis pour rendre hommage à notre République et aux Révolutionnaires qui ont su tourner la page de la monarchie absolue.
Et c’est vers l’avenir que se tournent nos pensées : aux objectifs d’émancipation et de bonheur commun, aux besoins de justice sociale, de liberté, d’égalité, de fraternité et bien sûr, de paix.
Autant de valeurs, de droits à défendre, à porter haut, à faire vivre au quotidien pour faire progresser la société toute entière et anéantir aussi, tout ce qui fait le terreau des haines, des racismes, des guerres, des extrémismes, du terrorisme.
10 ans jour pour jour après le terrible attentat de Nice, nous pensons aussi aujourd’hui aux victimes et à leurs familles.
Mesdames et Messieurs, je vous remercie d’être là.
Pour notre Histoire, pour notre République et pour que nos valeurs communes l’emportent sur les haines et les instrumentalisations.
Vive la République et vive la France."
Mathieu Gallois,
Maire de Saran et conseiller départemental du Loiret.


