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Hommage à Michel Guérin, emblématique maire de Saran de 1977 à 2010

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    Continuons avec vous pour Saran
  • il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 5 heures

La cérémonie publique d'hommage à Michel Guérin s'est déroulée ce mercredi matin dans le gymnase Jean-Moulin en présence de très nombreux Saranaises et Saranais. Mathieu Gallois en sa qualité de maire de Saran, le président du conseil régional, le maire d'Orléans et président de la métropole, le maire d'Ormes, le secrétaire du syndicat CGT des cheminots d'Orléans-Les Aubrais et le secrétaire départemental du parti communiste français (PCF) se sont successivement exprimés.


Michel Guérin (1933-2026), maire honoraire de Saran et conseiller général du Loiret de 2001 à 2015 (photo : Continuons avec Vous pour Saran).



Voici l'intégralité du discours prononcé par Mathieu Gallois.



"Monsieur le Président du Conseil Régional Centre Val de Loire,

Monsieur le Président d’Orléans Métropole – Maire d’Orléans,

Mesdames et Messieurs les Maires et élus,

Mesdames et Messieurs les représentants d’associations,

Mesdames, Messieurs les membres de la famille cheminote,

Mesdames et Messieurs ses camarades du Parti Communiste Français et de la Confédération Générale du Travail,

Mesdames, Messieurs,

Chères Saranaises et chers Saranais,

Très chers membres de la famille de Michel,

Cher Francis, Chère Sylvie, Cher Jean-Michel et Chère Hélène,


C’est avec une très grande émotion que je vais prononcer cet hommage, au nom de la Ville de Saran, car au-delà de l’homme public, de l’homme politique, de l’élu, de l’homme engagé, Michel était pour beaucoup d’entre nous qui sommes réunis aujourd’hui, un ami.


Né à Darvoy à la ferme « Les Asses » le 8 juillet 1933, Miche Guérin était issu d’une famille de petits paysans, attachés à la terre, au travail. Une vie humble, simple, « entouré d’amour et de sollicitude » aux côtés de ses 8 frères et sœurs comme il le disait lui-même.


Les tâches agricoles quotidiennes, les progrès sociaux de 1936, l’exode de la guerre, le retour à Darvoy, le soutien familial au maquis de Sologne et la lutte contre le fascisme, la Libération, l’organisation quotidienne de cette famille nombreuse, les mobilisations paysannes de l’époque ont marqué l’engagement de Michel.


Comme il aimait à le rappeler, cet engagement a été le fruit de ce vécu, de ses expériences de jeunesse et les conséquences de son éducation.



Combattant des injustices depuis son plus jeune âge, attaché à ses origines paysannes, l’après-guerre le confirma dans ses convictions, ses engagements politiques et syndicaux et ses valeurs qui l’ont accompagné tout au long de sa vie.


D’abord au MODEF, syndicat agricole proche du PCF, créé par des petits agriculteurs, des exploitants familiaux, des éleveurs modestes dans lequel il trouvait un écho à la réalité vécue par sa famille. Il sera d’ailleurs un vendeur du journal paysan La Terre durant plusieurs années dans le secteur de Darvoy. Il poursuivit son engagement politique en adhérant très jeune au PCF puis à la CGT lorsqu’il rentra en 1957 à la SNCF comme manœuvre et qu’il devint conducteur en 1963. C’est pour la défense des petites gens et des travailleurs qu’il prit ces engagements politiques et syndicaux, mais aussi pour son opposition farouche à l’extrême droite et au fascisme dont il combattait les idées.


C’est d’ailleurs comme syndicaliste cheminot, secrétaire général de la CGT de la SNCF, délégué de l’intersyndicale, que Michel fut l’un des animateurs du mouvement social de mai 1968. Ses camarades de la CGT qui prendront la parole au cours de cet hommage reviendront sur ses responsabilités et cette partie de son engagement.


Il arriva à Saran en 1961 avec sa femme Paule, et tous les deux se sont rapidement engagés dans la vie de la collectivité.


Habitant le Chêne Maillard avec ses enfants, l’une des premières mobilisations de Michel fut en tant que parent d’élèves pour obtenir des bus scolaires afin que les élèves n’aient plus à traverser à pied la RN20 et la ligne de chemin de fer pour se rendre à l’école du Bourg. Et première victoire utile à de nombreux parents d’élèves Saranais. Michel et Paule se sont ensuite investis au comité des Fêtes de la commune durant plusieurs années. Engagement qui là aussi le caractérisait très bien, lui qui aimait les fêtes, les initiatives qui permettaient de rassembler les gens entre eux dans la convivialité.



C’est en 1965 que Michel Guérin se présente pour la première fois aux élections municipales de Saran, candidat sur la liste de Robert Moreau.


Tout juste trois ans après sa première élection, Michel Guérin se voit confier de nouvelles responsabilités au sein de l’équipe municipale en tant qu’adjoint à l’enseignement, à l’urbanisme et au sport.


À cette période, Saran connaissait le début de son développement et donc les enjeux d’organisation, de structuration, d’aménagements nouveaux, de modernisation pour répondre aux besoins de ses habitants anciens et nouveaux de l’époque et donc accompagner intelligemment et efficacement sa transformation.


Ce sont dans ces années 70 que Saran connu une vague de construction de nouveaux équipements, notamment sportif, dont cette salle où nous sommes réunis aujourd’hui. Là aussi, un clin d’œil, que nous avons voulu faire à Michel puisqu’elle fut la première salle de sport construite à Saran, en 1969, sous l’impulsion de Michel en qualité d’adjoint au sport.


Cette même année, Michel impulsa la construction d’un bassin d’apprentissage de la natation qui laissera ensuite la place à la construction du centre nautique en 1983 et que nous connaissons aujourd’hui.


12 ans après son entrée au conseil municipal, Michel Guérin devint Maire de Saran en 1977.


Que ce soit au sein du conseil municipal,de l’intercommunalité, du conseil général de l’époque où il siégea de 2001 à 2015, Michel était attaché au principe de l’égalité républicaine, au débat, au respect des différents avis, à sa volonté de faire avancer les choses dans le seul intérêt des habitants de sa ville comme de tout le département.



Attaché à Saran, il portait haut la voix de ses habitants partout où il siégeait. Pour lui, Saran devait avoir son mot à dire dans les structures intercommunales. Et c’est pourquoi il a engagé la ville dès le début du développement de l’intercommunalité, en s’engageant lui-même dans la création d’un réseau de transport intercommunal et en portant très tôt l’idée de la création d’un crématorium intercommunal.


Seule la ville de Fleury les Aubrais soutenait cette proposition au départ. Mais la conviction de Michel dans ce projet, sa détermination à voir son idée aboutir, ses nombreuses interventions argumentées auprès des autres élus ont permis d’inverser la tendance en 1989, date à laquelle le projet a été retenu puis inauguré en 1994.


Il y a des combats comme celui-là et d’autres que Michel ne lâchait pas lorsqu’il était convaincu de leur bon sens et de leur utilité pour le territoire et ses habitants.


Certains comme celui-ci ont vu le jour, d’autres l’ont accompagné jusque dans ces derniers instants. Le projet d’étoile ferrée, la réouverture des lignes Orléans-Chartres ou Orléans-Châteauneuf, la bataille pour la création d’un hôpital public au nord de l’agglomération, la création d’un nouveau pont à Jargeau… dans tous ses combats Michel cherchait à rassembler largement, initiait des associations, les animait et savait aussi laisser la place pour qu’elles puissent vivre au-delà de sa personne comme cela fut le cas avec le comité hôpital Nord ou l’association Star 45 pour la ligne Orléans-Châteauneuf.



Michel croyait aussi au progrès. Au progrès humain mais aussi technique. Il fut de ceux qui ont soutenu Jean Bertin et son aérotrain, et il fut aussi de ceux qui ont regretté l’abandon de ce projet expérimental et unique. Il défendait systématiquement la vision avant-gardiste de l’ingénieur et espérait son renouveau à chaque fois que le sujet ressortait dans l’actualité.


Oui Michel c’était cela : un homme de convictions qui avait confiance dans l’humain, profondément attaché aux valeurs de justice sociale, de solidarité et de service public.


Élu municipal de Saran sans discontinuer pendant 55 ans, Michel a marqué la vie saranaise et la politique départementale par son engagement durant près de 6 décennies.


Très attaché à sa ville et à ses habitants, Michel leur a consacré une grande partie de sa vie, avec une fidélité sans faille à ses convictions et à l'intérêt général.


Sous son impulsion, Saran s'est transformée. Elle est devenue une ville structurée, dotée de nombreux équipements publics, de services municipaux, d’infrastructures sportives, culturelles, éducatives qui font aujourd'hui son identité forte dans la métropole d’Orléans.


Il n'y a pas une rue, pas un aménagement, pas un bâtiment public qui ne porte l’empreinte de Michel Guérin et des équipes qui l'ont entouré.


Pour n’en citer que quelques-unes :

- L’achat du Grand-Liot et du Château de l’Étang,

- Le foyer municipal de personnes âgées Georges Brassens, dont il était fier,

- Le centre nautique, j’en ai parlé tout à l’heure,

- Le club mécanique,

- La transformation de la Chapelle Vieille en Théâtre municipal de la Tête Noire,

- Le parc des sports Roland Rabartin et ses nombreux équipements sportifs.


Au-delà de ces réalisations, Michel était aussi une personnalité. Un homme simple, disponible, proche des gens, dévoué et sincère, attentif à chacune et chacun de celles et ceux qui l’interpellaient. Un engagement à temps plein et toujours désintéressé. Mais aussi un caractère fort qui ne se laissait pas faire, qui faisait entendre sa voix, celle de Saran et de ses habitants. Cela a aussi construit l’image de notre ville.


Élu de terrain et de proximité, nombreuses sont les heures accordées à toutes celles et ceux qui en avaient besoin. Les courriers qu’il a dû adresser, les coups de fil passés doivent se compter par milliers, comme les kilomètres passés à sillonner le Département.


Il incarnait cette volonté de faire de la politique autrement, de construire la ville de demain en posant comme systématique l’implication de celles et ceux qui en sont le cœur battant, les associations, les habitants et bien entendu les agents municipaux pour lesquels il avait un très grand respect.


Les nombreux témoignages reçus montrent ce lien fort.


Pour Michel il n’y avait pas de petits combats. Il n’y avait que des causes justes à défendre.


Il mettait toute son énergie et son intelligence à leur service. L’humain, l’intervention populaire, l’intérêt général et la solidarité comme boussoles. La justice sociale non pas comme utopie mais comme un idéal accessible. Le service public municipal pour y arriver.


Et là-aussi, il a su marquer la singularité de Saran en développant des services publics en régie municipale (portage de repas, maintien à domicile, cuisine centrale, assistants maternels, Paroles d’habitants…)


Fidèle à ses convictions, exigeant, n’aimant pas les faux-semblants, Michel portait cette vision que la politique et que l’action publique devaient être populaires, sincères, vraies et au service exclusif des habitants. Ce n’est pas faire insulte à sa modestie de dire de lui qu’il a réussi à Saran à rapprocher des gens de la politique, de la chose publique et a contribué à construire cet attachement fort que les Saranais portent à leur ville encore aujourd’hui.



Pour tout ce que tu as fait, ce que tu as apporté à Saran, à ses habitants, à la vie publique, la ville de Saran s'incline avec émotion et reconnaissance devant ta mémoire et ton engagement aujourd’hui, jour de ton anniversaire, sans doute là aussi un dernier petit clin d’œil de ta malice.


Merci Michel. Tes valeurs, nos valeurs communes continueront de vivre longtemps.


Le conseil municipal de Saran, où tu as tant œuvré, te rendra un dernier hommage en ouverture de sa séance le 16 juillet prochain, et au cours de laquelle, je proposerai que la RD 2020 à Saran porte désormais le nom d'avenue Michel-Guérin.


Adieu Michel..."



Mathieu Gallois

Maire de Saran

Conseiller départemental du Loiret



 
 
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