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"Finances locales : l'État doit agir !"

Dernière mise à jour : 29 sept.

Dans l'éditorial du bulletin municipal de ce mois d'octobre, Maryvonne Hautin alerte, chiffres à l'appui, sur les conséquences budgétaires de l'explosion du coût de l'énergie pour les collectivités et des baisses de dotations aux communes.

L'accueil de la mairie de Saran (photo d'archives).



"Lorsque j’ai été élue Maire en 2010, la ville percevait 2 millions d’euros annuels de l’État. Cette dotation globale de fonctionnement n’est pas un cadeau de l’État à la commune. C’est une contrepartie pour que la mairie assure ses services publics comme la construction et l’entretien des écoles, des équipements sportifs et culturels…


Aujourd’hui, après plusieurs années de baisses successives, cette dotation n’existe plus pour Saran. Si nous avions conservé notre niveau de 2010 en l’indexant sur l’inflation, ce serait 15 millions d’euros supplémentaires que la commune aurait perçus de l’État.


15 millions, pour beaucoup d’entre nous ce sont des chiffres qui ne disent pas grand-chose. Mais si je vous dis qu’avec une telle somme, le groupe scolaire serait terminé depuis longtemps, nous aurions également une nouvelle salle des fêtes et nous travaillerions à une nouvelle école de musique et des équipements sportifs supplémentaires pourraient être pris en compte… Avec ces exemples, on se rend mieux compte de ce que l’État a ôté aux communes !


Tout en baissant nos ressources, l’État nous fait reposer la responsabilité de nouvelles missions qu’il n’assure plus. En fermant ou en réduisant les bureaux de poste, en fermant les agences locales de la CPAM, en ne faisant rien contre la désertification médicale... Ce sont nous, élus locaux qui devront pallier à leur désengagement et sans aucun moyen supplémentaire.


Alors que devons nous faire ? Réduire voire fermer certains services municipaux ? Licencier du personnel ? Augmenter les impôts ?


À ce sujet, si vous constatez une hausse de votre taxe foncière, en regardant de plus près vous constaterez qu’elle vient de l’État qui a décidé d’augmenter les bases fiscales de 3,4 %. À Saran, nos taxes foncières n’ont pas augmenté depuis 2010 et nous ne le voulons pas !


Je suis inquiète pour les prochaines années. Avec l’augmentation des tarifs de l’énergie, la facture d’électricité et de gaz de la ville risque de doubler. C’est 1 million d’euros supplémentaire qu’il va falloir dépenser tous les ans si l’État n’agit pas !


C’est pour cette raison qu’avec de nombreux maires de toute la France, j’ai signé un appel au Président de la République pour que l’on revienne à ce que l’on a connu il y a quelques années quand l’électricité et le gaz étaient gérés par des entreprises publiques avec des tarifs régulés par l’État. En pleine crise énergétique, s’entêter à maintenir des tarifs du marché pour l’énergie, alors qu’il est impossible de vivre sans électricité et chauffage, c’est un non-sens !"


Maryvonne Hautin, maire de Saran.



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